Jeudi 27/10

 

 

Nous partons en excursion pour le site de Tiwanacu au bord du lac Titicaca. L’occasion de monter sur les hauteurs de La Paz et de traverser la troisième ville de Bolivie « El Alto ». Ville peuplée d’immigrants d’origine indienne et très pauvre. Le jeudi, c’est le « Mercado Negro », le marché noir, il y a un monde fou. El Alto se transforme en gigantesque marché où l’on trouve de tout a bas prix (électronique, nourriture, animaux de compagnie ou de bouche, produits de sorcellerie, matériaux de construction, etc…). Tout se vend au regard de tous, au black, sans contrôles et sans taxes. Les gens les plus pauvres habitent El Alto qui est plus haut que La Paz.

 

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A La Paz, c’est le phénomène l’inverse des autres grandes villes dans le Monde, les pauvres habitent sur les hauteurs et les riches en bas. Il est plus difficile de vivre en haut à 4200m que dans le bas de la ville à 3300. Pendant le trajet vers Tiwanacu, le guide nous parle de la Bolivie, des coutumes, de la religion, des différentes ethnies. Très intéressant, c’est un passionné. Il nous explique pourquoi les cireurs de chaussures sont masqués à La Paz : Ils ont honte et font ça pour payer leurs études. Nous visitons le musée du site Tiwanacu qui est très intéressant. Le site lui-même un peu moins.

 

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La civilisation Tiwanacu était la civilisation majeure dans les régions du Pérou, de la Bolivie et du nord Chili avant les Incas. Elle a totalement disparue vers 1300 après JC, on ne sait pas pourquoi. Sur le retour, nous nous arrêtons sur une hauteur au milieu de l’Altiplano ou nous pouvons apercevoir les 2 cordillères, Royale et Occidentale ainsi que le lac Titicaca. Nous évitons ensuite un barrage (manifestation pour le gaz) sur la rue principale de El Alto avant de rentrer sur La Paz. J’en profite pour acheter un pull en Alpaga et des mitaines pour le trek.

 

Le soir, nous passons la soirée avec 2 belges, Els et Eva, rencontré pendant l’excursion.

 

 

 

Vendredi 28/10

 

C’est le big grand départ pour le Trek de 5 jours. Nous allons faire le Trek du El Choro rallongé de 2 jours par une ascension à 5000m et une nuit à 4600m. Le trek se termine 5 jours plus tard dans les Yungas (altitude 1000m) à la limite de la forêt amazonienne. Le guide s’appelle Lusio et il est accompagné de 2 porteurs / cuisiniers Pedro et Felix.

 

Un 4x4 nous transporte au camp de base de la montagne Huayna Potosi à 4700m d’altitude. Nous faisons une petit mise en jambes en grimpant voir le glacier du Potosi pendant que Lusio repart chercher la tente qu’ils ont oublié à La Paz. 2 ou 3 h plus tard, nous repartons en 4x4 par la route en terre de Zongo creusée à flanc de montagne, impressionnant. Le 4x4 nous laisse á 4400m, point de départ de notre Trek.

 

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Nous portons chacun environ 12kg et les porteurs le double voir le triple. But de cette première journée : Passer un col à 4900m avant de camper plus bas à 4600. La montée de révélera difficile pour nous 2. A partir de 4700m, le moindre pas et la moindre respiration compte. Le guide nous donne des feuilles de coca à chiquer, efficace ! 17h, soulagement, nous arrivons à 4885m. Passer de 4400m à 4885 nous aura prix 3 heures.

 

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Nous campons plus bas à 4600m où les porteurs montent les tentes et font la popote chaude. La nuit et le froid tombent très vite, à 18h il fait nuit noire et déjà très froid. Nous mangeons chaud et direction la tente. Extinction des feux à 21h. J’ai beaucoup de mal à dormir à cause du froid et de l’altitude. Le vent claque sur la tente, nous sommes seuls en pleine Montage à 1 ou 2 jours de marche du campement le plus proche…Projet Blair Witch ??? A 4h du matin, il fait 0 degré sous la tente.

 

 

 

Samedi 29/10

 

 

Après cette nuit difficile, nous levons le camp vers 8h du matin.

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Pendant toute cette journée, nous marchons à travers des paysages montagneux, successions de vallées et de lagunes. Nous franchissons un col à 13h où nous déjeunons avant de redescendre en fin d’après midi sur le village de Chucura, situé sur le chemin Incas El Choro pour passer la nuit. Nous sommes à 3600 et la végétation est déjà plus présente. Je tombe en admiration devant ces paysages. Chemins de pierres Incas sillonnant des vallées verdoyantes dans lesquelles remontent des brunes provenant de la forêt amazonienne…magique. Je pense que l’on peut rencontrer aussi ce type de paysage en Asie. Réponde dans quelques mois. Les enfants sortent de l'école et des maisons pour nous regarder.

 

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Les guides ont eu la bonne idée de planter la guitoune à 2m d’un précipice…

 

 

 

Dimanche 31/10

 

Nous partons à 8h du matin pur une journée de 8h de marche dont 3 sous la pluie. Successions de ponts en bois et de chemins pavés glissant montant et descendant, à travers une forêt de plus en plus épaisse luxuriante. Les conditions sont difficiles, j’ai faillis partir en vol plané plusieurs fois. 13h, nous arrivons au village de Choro. Le village se résume à une baraque en bois avec des murs plein de suie habitée par un vieil homme et son fils de 8 ans. Ils vivent là, tout seuls, sa femme étant morte depuis 2 ans. Le fils met 3 heures pour aller à l’école le matin et y dort parfois. Ils vendent des boissons et nous offrent un abri des patates douces. Nous repartons vers 14h pour arriver à 17h au campement San francisco du quel nous avons une superbe vue sur les Yungas verdoyants. Les moustiques se font de plus en plus présents et piquent aux endroits non protégés par les produits, coudent, oreilles. Le guide nous dit que ce sont les bébés de ceux de l'amazonie, ca promet...

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Ce campement en bois tenu par une très vieille femme, « La grand-mère » comme l’appellent les guides. Elle habite la, toute seule, à 2 jours de marche du premier village. Elle vie dans une baraque en bois de 5m carrés autour de son feu et de son lit, en compagnie de son chat de quelques jours (comment est il arrivé ici ?) et entourée de ses poules. Elle a ni électricité, ni téléphone. Durant la saison des pluies, il peut se passer des jours sans qu’elle ne voie personne…Quelle vie…beaucoup d’émotion en cette soirée. Elle prête sont feu de bois au porteurs qui nous préparent un bon repas.

 

 

 

Lundi 01/11

 

Nous quittons le campement San Francisco direction les Yungas. La végétation devient de plus en plus luxuriante. Après avoir monté la « montée du diable », escalier Incas pavé qui n’en finit pas, nous arrivons chez le japonais. « El Japanese » comme le surnomment les guides. « Tamiji Hanamura » de son petit nom, est un japonais qui vit seul au milieu de ses vallées. Il est passé par la il y a pas mal d’années et y est resté. Il collectionne les cartes postales des trekkeurs, entretient son jardin japonais et élève des grenouilles pour les manger.

 

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Nous arrivons à Chairo, fin de notre trek à 16h. Les élèves rentrent à pieds de l’école située quelques km plus haut sur la route. Aucun transport ou voiture dans le village, le guide part en vélo chercher un transport à Coroico. Nous arrivons à Coroico 1 heure plus tard après avoir traversé des champs de coca.

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Le problème c’est qu’il reste une étape importante pour revenir sur La Paz : Le trajet Coroico – La Paz par la route la plus périlleuse du monde ! C’est une route en terre creusée a flanc de montagne partant de 1500m et montant a 3000m avec des a pics de 1000m et il n’y a souvent uniquement que la largeur d’un véhicule. Elle est empruntée par des voitures, mini vans, bus, camions citerne, semi remorque. La nouvelle route en construction depuis des années n’est pas terminée. C’est le sujet de discussion number one dans la région. C’est le passage obligé pour beaucoup de villes des Yungas et du bassin Amazonien. Chaque année, des dizaines de véhicules basculent dans le vide.

 

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18h, nous voila un dizaine dans un mini van pour 2h de montée.

 

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En bas de la route de la mort, le chauffeur s’arrête pour acheter des feuilles de coca qu’il va poser sur son tableau de bord et donner a manger aux nombreux chiens attendant sur le bas coté (porte bonheur). La montée commence rapidement. Ils sont 3 sur les sièges de devant. Le passager á coté du chauffeur, une sorte de Joe Pesci Bolivien complètement ivre n’arrête pas de parler au conducteur, il fait des grands gestes, se tourne vers lui et tape sur le volant. Cela dure des dizaines de minutes comme ça, les précipices sont de plus en plus gigantesques au bord de la route et le chauffeur et les passagers de plus en plus stressés. La fatigue ne se fait plus sentir. Au bout d’un certain temps, notre guide se met à crier et demande au chauffeur de stopper. Après de courtes négociations, Joe passe à l’arrière du mini bus. La tension générale baisse d’un cran. 19h, la nuit commence à tomber et les nuages se rapprochent. Quelques minutes plus tard, gros embouteillage a cause d’un bus et d’un camion qui n’ont pas la place de se croiser.

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Ici, c’est le véhicule montant qui a la priorité et le véhicule descendant doit se garer le long du précipice pour laisser passer. Le camion descendant fait donc marche arrière à l’aveugle sur quelques dizaines de mètres pour nous laisser passer, il nous heurte au passage. Quelques minutes plus tard, gros bruit sous notre mini van. Le chauffeur s’arrête et tout le monde descend pour regarder si il a perdu quelque chose. Sans succès. Une pierre sûrement. 19h30, nous sommes aux passages les plus hauts et les plus impressionnant de la route, heureusement il fait nuit donc nous ne voyons rien, mais il y a du brouillard ! Après passages sous des cascades d’eau tombant sur la route (ouf, les sacs sont bâchés sur le toit) nous arrivons au sommet et au début de la route asphaltée. Dire que c'est cette route que je vais descendre en VTT dans quelques jours. Pendant le trajet qui suit vers la Paz nous croisons un véhicule en panne sur la route. Le chauffeur s’arrête une fois de plus pour aider. Les gens crient de ne pas le faire, ils ont peur à la fausse panne et au braquage. Ce n’est pas le cas. Des passagers, dont notre Joe débourré descendent du mini van pour aider a pousser le 4x4 vers le haut de la cote (nous sommes a 4400m et il reste 4 km !!). On ne voie pas ce qu’ils cherchent à faire. Apres d’amples négociations, nous décidons de partir et d’accompagner un des passagers du 4x4 en panne jusqu’a la prochaine station. 21h, nous arrivons à La Paz. Récit d’un trajet comme on peut les vivre uniquement en Bolivie.